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Les Arbëresh

Posted: Thu Jun 02, 2011 10:34 pm
by CERMENIKASI
Les Arbëresh vivant en Italie sont les descendants de colonies albanaises remontant au XVème siècle.
Après la mort de Skënderbeu (Gjergj Kastriot) et l'installation de la domination ottomane,des dizaines de milliers d'Albanais
quittèrent leur pays pour chercher refuge surtout en Calabre mais aussi dans le Royaume de Naples et en Sicile.
Plus tard , d'autres vagues suivirent
Les Arbëresh conservèrent leur langue et leur culture jusqu'à nos jours.
L'Italie leur a donné des droits linguistiques et culturelles.

Re: Les Arbëresh

Posted: Fri Jun 03, 2011 6:55 pm
by CERMENIKASI
La langue albanaise (arbërisht chez les Arbëresh) est parlée dans une cinquantaine de localités se situant dans les régions suivantes :Abbruzes,Molise,Campanie,Pouilles,Sicile ,Basilicate et neuf provinces (Catanzaro,Palerme,Potenza,Cosenca,
Taranto,Avellino,Foggia,Campobasso et Pescara)
Le nombre de personnes parlant cette langue est estimé à 100.000 .

Re: Les Arbëresh

Posted: Sat Nov 19, 2011 10:05 pm
by CERMENIKASI
BIBLIOGRAPHIE.

Fiamuri Arberit.—La Bandiera dell' Albania. — Periodico

mensile diretto da Gerolamo DE RADA. (Corigliano
Calabro, 1883-1884).

C'est dans une colonie albanaise d'Italie que parait le journal de
M. de Rada. Il est l'organe national non-seulement des colonies alba-
naises d'Italie, mais aussi de l'Albanie proprement dite, aujourd'hui
encore province turque. C'est précisément de cette province et des
terres limitrophes situées sur la côte orientale de l'Adriatique que
sont originaires ces colons dont les ancêtres les quittèrent à la
suite des conquêtes turques.

La première des émigrations, peu considérable d'ailleurs, a eu
lieu en 1448. Une dizaine d'années plus tard, on en enregistre une
autre ; mais la plus importante de toutes est celle de 1478, qui
suivit la fuite du fils de Scanderbeg, Jean Castriot. La prise de
Coroné en Morée par les Turcs, en 1532, donna lieu à une émi-
gration nouvelle, suivie d'autres au 17e et au 18e siècle, mais dans
de bien moindres proportions.

A l'heure présente, les colons albanais en Italie comptent 70,000
individus suivant les uns — 100,000 suivant les autres ; c'est donc
l'un des éléments ethnographiques étrangers les plus importants qu'il
y ait en Italie.
SOURCE:Revue MELUSINE Tome II - 1884-1885
gallica.bnf.fr

Re: Les Arbëresh

Posted: Tue Jan 15, 2013 10:56 pm
by CERMENIKASI
Quelques kilomètres après Termoli, la voie fer-
rée traverse le Biferno, Tifernus des anciens, qui
descend du cœur de l'ancien pays des Samnites où
il prend sa source auprès de Bojano (Bovianum),
dans la partie du Matese qui portait le nom de
Mons Tifernus. On passe à Campomarino, qui était
une seigneurie du temps des Normands et fut dé-
truit en 1240 par les Vénitiens, lors de leur guerre
contre Frédéric II. Ce n'est que dans la seconde
moitié du xv° siècle que cette localité se releva
de ses ruines, quand Alfonse d'Aragon y établit
une des premières colonies albanaises qui vinrent
se fixer au royaume de Naples, alors que Skan-
derbeg vivait encore. Les colons de Campomarino,
comme ceux qui s'installèrent à la même époque
dans plusieurs autres lieux du voisinage, venaient
de la Toskharie et par conséquent professaient le
rite grec. Ils ne l'abandonnèrent qu'en 1732 pour
le rite latin quant à l'idiome schkype ou albanais,
ils en ont encore conservé l'usage. Ayant appris à
parler cet idiome avec les Albanais de l'Attique,
dont le langage est une variété du dialecte toskhe,
je me suis fait parfaitement comprendre des habi-
tants de Campomarino.

SOURCE:A TRAVERS L'APULIE ET LA LUCANIE par FRANCOIS LENORMANT - Paris 1883

Re: Les Arbëresh

Posted: Sat Mar 09, 2013 8:22 pm
by CERMENIKASI
Nous y fîmes une grande halte, et ensuite,
après avoir passé l'Angitola, fleuve qui baigne cette
plaine, nous gravîmes une petite montagne et nous nous
trouvâmes dans une autre plaine appelée Sauveria, à
l'extrémité de laquelle on trouve le cap Nivero ; dans le
voisinage est le petit port de Pizzo.

Il existe, dans cette plaine, un village nommé Plata-
nia, dont les habitants sont d'origine albanaise. Au
quinzième siècle, après la mort du fameux Scanderberg,
des familles grecques, craignant la persécution, quit-
tèrent l'Albanie et vinrent se réfugier dans les Cala-
SUITE
bres. Ces familles pratiquaient le culte romain qui
leur avait été apporté par les Catalans au service des
empereurs d'Orient. Bien qu'émigrés et habitant au
milieu d'une nation étrangère, ce peuple que l'on appe-
lait les Scythes de l'Empire d'Orient, conservèrent avec
obstination leurs mœurs, leurs coutumes, leur langue,
qui dérive de l'esclavon, firent corps à part, et en un
mot, malgré leur expatriation, restèrent toujours
Albanais.
SUITE
J'ai vu un grand nombre de leurs villages,
et je me suis convaincu par moi-même que, comme
leurs frères d'Albanie, ils sont sobres, laborieux, actifs
et courageux. Ils sont vêtus d'étoffes grossières, cou-
chent sur des nattes ; leurs maisons sont basses ; ils
ne mangent presque pas de viande, leur nourriture
consiste en laitage, fruits, légumes et gruau, ils aiment
le vin. Dans leur pays, ils sont guerriers ; en Calabre,
se regardant comme un peuple à part, ils se mêlent
peu aux discussions politiques. Nous les trouvions tou-
jours prêts à nous servir de guides, office qu'ils rem-
plissaient avec intrépidité. Ils sont craints de leurs
voisins qui ne se hasardent guère à les insulter de
quelque manière que ce soit.
SUITE
Leurs traits sont en général beaux ; l'œil est
vif, le teint coloré, les dents superbes. Je n'ai pas
remarqué qu'ils fussent jaloux, cependant leurs fem-
mes sont belles et comme eux peuvent supporter les
plus grandes fatigues. Elles portent des jupes très
courtes, laissant voir une jambe faite au tour, et un
pied charmant chaussé de souliers à hauts talons rou-
ges, ce qui ne les empêche pas de marcher avec légè-
reté. Elles ne portent aucun fardeau sur la tête comme
font les Calabraises, aussi leur cou conserve-t-il son
élégance naturelle. Elles vont puiser l'eau à la fontaine
avec un vase de cuivre, étroit par le haut, d'une pro-
preté éblouissante, et qu'elles appuient sur la hanche
d'une façon toute particulière, Je terminerai en disant
que, s'il me fallait comparer les Albanais aux Cala-
brais, je leur donnerais de beaucoup la préférence
sur ces derniers, n'en déplaise aux descendants des
Brutiens.
Source: LA VIE MILITAIRE EN ITALIE SOUS LE 1ER EMPIRE
Campagne des Calabres 1806-1809
Souvenirs du sous-lieutenant D'HAUTEROCHE

Au début de ce passage,on parle de "familles grecques" ,ce qui en fait signifie qu'il s'agit d'Albanais de confession orthodoxe!Par ailleurs,un peu plus bas,l'auteur écrit que la langue albanaise dérive de l'esclavon ce qui est complètement faux étant donné que l'albanais est une langue qui n'a aucun lien avec les langues slaves.


CERMENIKASI